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“Noise is welcome because it drowns the inner instinctive warning. Fear seeks noisy company and pandemonium to scare away the demons. (The primitive equivalents are yells, bull-roars, drums, fire-crackers, bells, etc.) Noise like crowds, gives a feeling of security; therefore people love it and avoid doing anything about it as they instinctively feel the apotropaic magic it sends out. Noise protects us from painful reflection, it scatters anxious dreams, it assures us that we are all in the same boat and creating such a racket that nobody will dare to attack us. Noise is so insistent, so overwhelmingly real, that everything else becomes a pale phantom. It relieves us of the effort to say or do anything, for the very air reverberates with invincible power of our modernity.

[…] The need for noise is almost insatiable, even though it becomes unbearable at times. Still, it is better than nothing. ‘Deathly silence’ – telling phrase! – strikes us as uncanny. Why? Ghosts walking about? Well, hardly. The real fear is what might come up from one’s own depths – all the things that have been held at bay by noise.

[… When people make noise], they amount to something. Noise is their raison d’etre and a confirmation of their existence. There are far more people than one supposes who are not disturbed by noise, for they have nothing in them that could be disturbed; on the contrary, noise gives them something to live for… ”

 

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“On aime le bruit car il étouffe les signaux d’alerte que l’on ressent d’instinct. La peur recherche bruit et chaos : ils font fuir les démons. (L’équivalent, dans les civilsations traditionnelles, existe sous forme de hurlements, mugissements, tambours, pétards et autres cloches…) Tout comme la foule, le bruit procure un sentiment de sécurité. C’est pourquoi on l’apprécie et on se garde bien de l’éviter, tant on sent d’instinct son pouvoir de protection magique. Le bruit permet d’éviter toute réflexion pénible, il dissipe les rêves désagréables, et garantit que l’on est bien tous dans le même bateau, allant dans un tel vacarme que nul n’osera passer à l’attaque. Le bruit est si envahissant, d’une réalité si écrasante que tout le reste n’est que pâle fantôme. Il soulage de l’effort d’avoir à dire ou faire quoi que ce soit, tant l’air même va jusqu’à résonner d’une modernité invincible.

[…]

Même s’il est parfois difficile à supporter, le bruit relève d’un besoin quasi insatiable. Dans tous les cas, c’est mieux que rien. Le ‘silence de mort’ — expression qui en dit long! — nous trouble profondément. Pourquoi? Les esprits sont-ils là? Évidemment non. Ce dont on a vraiment peur, c’est ce qui pourrait surgir de ce que l’on est en profondeur — tout ce que l’on maintient à l’écart, par le biais du bruit.

[… Quand on fait du bruit], on est quelque chose. Le bruit est une raison d’être en même temps que la confirmation du fait que l’on existe. Les personnes que le bruit ne dérange pas sont bien plus nombreuses qu’on ne le pense, car rien en elles ne risque d’être dérangé; bien au contraire, le bruit est pour elles une raison de vivre…”

 

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Carl Jung, Letter to Karl Oftinger, September 1957 / Lettre à Karl Oftinger, Septembre 1957

Pierre-Laurent Cassière, Autoportrait au Schizophone, 2006.

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