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Hammadi advanced to a large crossroads and stopped at the hour when a soft golden glimmering shone on the horizon like the aura that lights the One-Eyed King when he rises with the dawn and sets with night. His eyes stunned, Hammadi was lost in this beauty and when Hamtudo appeared at one of the three roads which led to the crossing, he took no notice. He even failed to hear his friend’s heavy steps. Hamtudo also was taken by the beauty of the dawn with its many clouds interspersed with sprites seeming like servants at the royal house decked out to attend the rising of the great monarch. Hamtudo’s eyes were seized and ravished.  His ears were captive; such splendor bewitched him. He could not see the man standing in front of him. A little later, Demburu stopped at the crossing.

[…]

All three found themselves arranged like stones in a triangle at the hearth. Then a voice was heard, a thundering voice:
“Oh you, there, whom the light fascinates so! Go into the ancestor-forest of the first hamlet of the lands you reach. Hunt, run, pursue, catch whatever game you find, then slit its throat as a sacrifice.”

Hammadi joined Hamtudo and Demburu. They beat the earth with sticks and flushed out an anteater, killed it, dismembered it, brought it back to the crossing. They lit a great fire, and threw in their catch. There they waited for it to be consumed. When the flame had swallowed the flesh, they heard a voice that said forcefully:
“Oh you Hammadi! Hamtudo! Demburu! The sacrifice you have just made is accepted. Your journey to the country of the dwarf-spirits will be an adventure with a hopeful outcome. Go and clean the site where the fire swallowed your anteater before the air can do so, the air that indeed swallowed your sacrifice.”

The three friends went to clear the site. As they did so they came upon a flat stone which they measured on all edges. Triangular stone, nine elbows around. One side of the stone was painted in black, the other in white. An aerial voice said:
“My friends! Put on your sandals,take up your sacks, carry them over your shoulders. Each of you take a walking-stick to lean on when you need to and to urge on the carrier-oxen.”
At the same moment, in an instant, like an invisible hand a force turned the triangular stone over. It hid the side painted in black and laid bare the side coated in white.

 

Zonder Titel, 1965

 

Hammadi sortit de chez lui à l’heure où l’horizon était illuminé par la douce lumière d’or qui incendie le lever et le coucher du Grand Monarque borgne. Il marcha machinalement jusqu’à un grand carrefour. Il s’y arrêta. Il fut si ébloui qu’il n’entendit point les pas de Hamtoudo, lequel venait de déboucher par l’une des trois routes aboutissant au carrefour. À son tour Hamtoudo, séduit par la beauté de l’aurore et la féérie des nuages multicolores, semblables à des serviteurs royaux paré pour le lever de leur roi, en perdit les yeux et les oreilles, captivé qu’il était par ce spectacle grandiose. Il demeurait là, ensorcelé, et ne s’aperçut point qu’un homme l’avait devancé. Quelques instants après, Dembourou apparut à l’orée du carrefour.

[…]

Tous les trois se trouvèrent disposés en triangle comme les trois pierres d’un foyer. Une voix très bruyante fendit l’espace. Elle dit :
« Ô hommes éblouis par la lumière ! Allez dans le bois sacré du premier village. Offrez-y en holocauste le premier gibier que vous abattrez à la course. »

Hammadi, Hamtoudo et à Dembourou s’élancèrent dans le sous-bois. Ils surprirent un fourmilier. Ils le tuèrent, le dépecèrent et le transportèrent au milieu du carrefour. Ils allumèrent un grand feu. Ils y jetèrent leur gibier et attendirent que le feu l’ait entièrement consumé. Quand le feu eut fini de manger l’animal, une voix cria avec force:
« Ô Hammadi ! Ô Hamtoudo ! Ô Dembourou ! Votre sacrifice est agréé. Votre voyage au pays des nains sera une aventure, mais une aventure heureuse. Nettoyez la place où le feu du ciel vient d’avaler votre fourmilier avant d’être lui-même avalé par l’espace. ».

Les trois compagnons nettoyèrent les lieux. Aussitôt, ils virent une pierre plate qui mesurait neuf coudées de pourtour et trois de côté. Une face de la pierre était peinte en noir et l’autre en blanc. Une voix aérienne dit :
« Ô les trois ! Chaussez vos sandales et portez vos besaces en bandoulière ! Que chacun d’entre vous prenne un bâton sur lequel il s’appuiera de temps en temps, et dont il se servira pour faire avancer sa bête de somme ! ».
Au même moment, mue par une main invisible, la pierre triangulaire bascula sur des charnières magiques. Elle cacha sa face noire et découvrit sa face blanche.

 

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Conte peul [Fula tale], Kaïdara [Kaydara]
Amadou Hampatê Bâ (1900-1991): Contes initiatiques peuls, texte recueilli et traduit en français [Text collected and translated into French]
English translation by [Traduction anglaise par] Daniel Whitman

Bram Van Velde (1895-1981)

— Experiencing the adventure of a myth that intrigues you: One person, one myth, experiential workshop, 26 October-1st November 2014, Valence, France
— Vivre l’aventure d’un mythe qui vous intrigue: Une personne, un mythe, atelier expérientiel, 26 octobre-1er novembre 2014, Valence, France

 

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