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“In this road, at a point not far from the river, Siegfried, with his trusty sword Balmung, scooped out a deep and narrow pit, as Odin had directed. And when the gray dawn began to appear in the east he hid himself within this trench, and waited for the coming of the monster. He had not long to wait; for no sooner had the sky begun to redden in the light of the coming sun than the dragon was heard bestirring himself.

Siegfried peeped warily from his hiding-place, and saw him coming far down the road, hurrying with all speed, that he might quench his thirst at the sluggish river, and hasten back to his gold; and the sound which he made was like the trampling of many feet and the jingling of many chains. With bloodshot eyes, and gaping mouth, and flaming nostrils, the hideous creature came rushing onwards. His sharp, curved claws dug deep into the soft earth; and his bat-like wings, half trailing on the ground, half flapping in the air, made a sound like that which is heard when Thor rides in his goat-drawn chariot over the dark thunder-clouds. It was a terrible moment for Siegfried, but still he was not afraid. He crouched low down in his hiding-place, and the bare blade of the trusty Balmung glittered in the morning light. On came the hastening feet and the flapping wings: the red gleam from the monster’s flaming nostrils lighted up the trench where Siegfried lay. He heard a roaring and a rushing like the sound of a whirlwind in the forest; then a black, inky mass rolled above him, and all was dark.

Now was Siegfried’s opportunity. The bright edge of Balmung gleamed in the darkness one moment, and then it smote the heart of Fafnir as he passed. Some men say that Odin sat in the pit with Siegfried, and strengthened his arm and directed his sword, or else he could not thus have slain the Terror. But, be this as it may, the victory was soon won. The monster stopped short, while but half of his long body had glided over the pit; for sudden death had overtaken him. His horrid head fell lifeless upon the ground; his cold wings flapped once, and then lay, quivering and helpless, spread out on either side; and streams of thick black blood flowed from his heart, through the wound beneath, and filled the trench in which Siegfried was hidden, and ran like a mountain-torrent down the road towards the river. Siegfried was covered from head to foot with the slimy liquid, and, had he not quickly leaped from his hiding-place, he would have been drowned in the swift-rushing, stream.”

 

Sean-Lenz-and-Kris-Abildgaard Le voyage du heros The heros journey

 

“Sur ce chemin, à proximité du fleuve, Siegfried creusa avec son épée Balmung une fosse étroite et profonde comme Odin le lui avait recommandé. Quand l’aube grise pointa à l’est, il se cacha dans cette tranchée et guetta la venue du monstre. Celui-ci ne se fit pas attendre; car à peine le ciel avait-il commencé à rougir avec le lever du soleil que Siegfried put entendre le dragon bouger.

Il jeta un coup d’œil furtif hors de sa cachette et le vit arriver, dévalant la pente à toute allure pour venir se désaltérer dans les flots paresseux du fleuve avant de repartir aussi vite monter la garde auprès de son or. À l’écouter avancer, on aurait cru entendre le piétinement de mille pieds et les sonnailles de mille chaînes. L’œil injecté de sang, bouche béante et narines crachant le feu, la hideuse créature arrivait droit sur la cachette de Siegfried. Ses serres courbes et acérées labouraient profondément le sol bourbeux. Ses ailes membranées, tantôt traînaient sur le sol, et tantôt fouettaient l’air, dans un vacarme qui rappelait Thor conduisant son chariot attelé de boucs dans les nuées orageuses. En cet instant terrifiant, Siegfried n’avait pourtant pas peur. Il se tapit au fond de sa cachette, la lame nue de sa fidèle Balmung scintillant dans la lumière du matin. Déjà Fafnir arrivait, galopant et battant des ailes, et la lueur de feu de ses narines éclaira la tranchée de Siegfried. Un rugissement se fit entendre, et un souffle comme celui du vent quand il agite la forêt entière. Puis une masse obscure roula au-dessus de Siegfried et il fut plongé dans la nuit.

C’était le moment où jamais. Le tranchant de Balmung lança un éclair dans l’obscurité et Fafnir fut frappé en plein cœur. Certains affirment qu’Odin se trouvait dans la fosse au côté de Siegfried, lui donnant la force nécessaire et guidant son bras faute de quoi il ne serait jamais venu à bout de la Terreur. Mais quoi qu’il en soit, la victoire fut rapide. Le monstre s’arrêta net, la moitié du corps seulement ayant passé la tranchée car la mort fut instantanée. Sa tête heurta le sol et, dans un dernier battement, ses ailes, ne pouvant plus le porter, s’étalèrent à ses côtés frémissantes et glacées. Un fleuve d’un sang noir, épais, jaillit de la blessure, envahit la tranchée et en déborda, s’écoulant comme un torrent vers le fleuve. Siegfried fut couvert de la tête aux pieds de ce liquide visqueux et, s’il n’avait promptement sauté hors de sa cachette, sans doute aurait-il péri noyé dans le flot tempêtueux.”

 

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James Baldwin (1924-1987), The Story of Siegfried / L’histoire de Siegfried

Sean Lenz and Kris Abildgaard, Neon Luminance (Landscapes lit up by glow sticks, lasers, road flares, headlamps, and moonlight)

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