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“J’ai approché des limites de la mort; j’ai foulé le seuil de Proserpine, et j’en suis revenu porté à travers les éléments. En pleine nuit, j’ai vu le soleil briller d’une lumière étincelante. J’ai approché les dieux d’en-bas et les dieux d’en haut, je les ai vus face à face et les ai adorés de près.

Le matin venu, et tous les rites achevés, je parus, ayant sur moi douze robes de consécration (…). Au milieu même de la demeure sacrée, devant l’image de la déesse, une estrade en bois avait été dressée, sur laquelle je fus invité à monter.

Debout et revêtu d’une étoffe de fin lin, mais brodée de vives couleurs, j’attirais les regards. (…) Sur toutes les faces, j’étais orné de figures d’animaux multicolores: ici c’étaient des dragons de l’Inde, là ces griffons hyperboréens qu’un autre monde engendre, munis d’ailes comme des oiseaux. Les initiés donnent à ce vêtement le nom de robe olympienne.

Je tenais de la main droite une torche allumée, et ma tête était ceinte d’une noble couronne de palmes, dont les feuilles brillantes se projetaient en avant comme des rayons.

Ainsi paré à l’image du soleil, on m’expose comme une statue et, des rideaux s’écartant brusquement, c’est un défilé de passants désireux de me voir.

Je célébrai ensuite l’heureux jour de ma naissance à la vie religieuse par un repas de fête et de joyeux banquets.”

 

 

“I reached the very gates of death and, treading Proserpine’s threshold, yet passed through all the elements and returned. I have seen the sun at midnight shining brightly. I have entered the presence of the gods below and the presence of the gods above, and I have paid due reverence before them.

When dawn came and the ceremony was complete, I emerged wearing twelve robes as a sign of consecration (…). As instructed, I stood on a wooden dais placed at the centre of the holy shrine, before the statue of the goddess, conspicuous in my fine elaborately embroidered linen. (…)

I was wrapped around with creatures worked in various colours: here Indian serpents, there Hyperborean gryphons, winged lions of that distant region of the world. The priests call this garment the olympian stole.

I held a burning torch in my right hand, and my head was gracefully garlanded with a wreath of gleaming palm leaves projecting outwards like rays of light.

Adorned thus in the likeness of the sun, and standing there like a statue, the curtains suddenly being opened, I was exposed to the gaze of the crowd who strayed around me.

That day my initiation into the mysteries was marked, as a festive occasion, by a splendid feast among a convivial gathering.”

 

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Apulée [Apuleius] [Afulay] (125-170), Métamorphoses, Livre XI (extraits), traduction française de Paul Valette.

Auguste Bartholdi (1834-1904)

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